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10   - dialogue de maçons en 1815 -

LE FRANC MACON.
– Réjouis-toi, camarade, l'Empereur arrive ! nous pourrons nous servir de nos truelles.

LE MACON.
– Ah queu bonheur ! est-ce que M. est maçon ?

LE FRANC MACON.
– A peu près ; je suis franc-maçon

LE MACON.
– Bon, je savons ce que vous voulez dire : vous vous servez de nos outils pour vous amuser.

LE FRANC MACON.
– Et pour nous instruire à faire le bien.

LE MACON.
– Est-ce que vous manquez d'ouvrage aussi ?

LE FRANC MACON.
– Non pas mais le Pape et le Roi étaient presque d'accord pour nous empêcher de travailler.

LE MACON.
– C'était donc de même pour nous, si les Bourbons restaient en France un mois de plus, – j'allions mourir de faim.

LE FRANC MACON.
– Grâce au ciel, cela va changer : sous l'Empereur tu travailleras et tu vivras ; nous travaillerons et nous en ferons vivre d'autres.

LE MACON.
– Avec c'tila j'aurons de la besogne : le Louvre, la bourse, les greniers d'abondance, les fontaines, les arcs de triomphe .....    Ma foi vive l'Empereur !

LE FRANC MACON.
– C'est cela mon ami. Tiens voila pour boire à sa santé.

LE MACON.
– Comment, trois pièces de cinq francs !

LE FRANC MACON.
– Nous faisons tout par trois, nous autres francs-maçons.

LE MACON.
– Allons, moi je vas boire trois bouteilles à la santé de l'Empereur en attendant son arrivée ; mais je vous avertis, que quoique vous disiez du nombre trois, je ne pouvons m'empêcher de l'aimer comme quatre, et nous crierons plus de quatre fois : vive l'Empereur !

Source : Journal du Calvados du 24 Mai 1815

    Cet exemple imaginaire, choisi pendant les Cent Jours, montre par le choix des personnages, à quel point les Francs-Maçons de Caen étaient considérés comme les meilleurs partisans de L'Empire.

Epoque :     1815


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